Le 2e jour, agresse a Dar Es Salaam.. Ca commence mal !

Premier pas à Dar Es Salaam

Lundi 16 mai, nous sommes encore sous l’émotion d’avoir quitté nos proches, c’est la première fois que nous allons aussi loin. La fatigue nous guette, après avoir passé quatorze heures de vols, pas étonnant ! Nous sommes pressés de voir ce nouveau monde mais nous ne réalisons pas encore que nous sommes partis pour deux longues années de voyage.

DSCF2142.JPG

DSCF2141

Nous venons d’arriver à Dar Es Salaam et à peine sorti de l’aéroport, que des taxi-man nous accostent pour nous emmener en ville. Mais notre concept, est d’essayer de dormir un maximum chez l’habitant, de faire du stop et de s’alimenter avec un budget de quinze euros par jour. Du coup, nous avons préféré prendre la route à pied..

Sur le chemin, nous avons l’impression d’avoir fait un voyage dans le temps. Il fait une chaleur écrasante, et malgré ça, les gens sont habillés voilés pour la plupart des femmes, et en jeans et t-shirt pour la plupart des hommes. Il y a beaucoup de personnes assises dans l’ombre, tout le long de la route. Il y a également beaucoup de petits marchands, qui vendent des boissons et des fruits. En ce qui concerne le sol, le seul endroit où il y a du tarmac c’est sur la route principale. Pour le reste , c’est de la terre, pas de pavés ni autres revêtements. Il y a bien des véhicules modernes, mais ici, les moyens de transports les plus fréquents après les voitures sont les «daladalas» (des mini-bus), des motos ou en encore des «touk touk». Il n’a pas fallu marcher longtemps pour que l’on remarque que les tanzaniens n’ont pas pour habitude de voir des voyageurs dans notre genre. Un couple blanc marchant avec deux gros sacs à dos, ça ne court pas les rues, alors forcément, tout les regards sont portés sur nous.

Après avoir marché quelques kilomètres, nous commencons à être débordant de sueur. Pas très agréable. Près d’un arrêt de bus, nous demandons à un monsieur comment rejoindre la ville et notre hotel. Il propose de nous aider et nous payer le bus car nous n’avions pas d’argent, ça commence plutôt bien !

Le lendemain, nous décidons de nous rendre dans un petit village afin d’essayer de dormir chez l’habitant. Une fois que nous avons rejoint la route principale, nous marchons dans le sens inverse du centre de Dar Es Salaam, en espérant trouver un bus qui quitte cette grande ville.

En marchant, nous rencontrons un homme parlant français, ce qui est rare en Tanzanie. Il nous explique qu’il a beaucoup d’amis en France et qu’il en reçoit régulièrement, la confiance s’installe. Il propose de nous aider à nous rendre dans un village juste à côté vraiment bien pour les touristes, avec de belles plages, «Bogamoyo». Il nous dit qu’il a un ami qui pourra nous y emmener pour cinq milles TSH (ce qui représente deux euros), nous acceptons sans trop se poser de questions..

Nous marchons jusqu’à un café, où nous buvons un verre en attendant son ami. Après quelques minutes, une voiture arrive avec deux hommes à bord. Ils sortent, ouvrent le coffre et nous aide à y mettre nos sacs. Nous voilà parti pour Bogamoyo, nous sommes content de quitter la ville et nous  espèrons arriver assez vite. Non loin du café, la voiture quitte la route principale, l’homme que nous avons rencontré nous explique que ses amis vont d’abord le déposer, puis qu’ils nous amènerons au lieu dit. Ils roulent quelques dizaines de mètres, chargent deux personnes avant de s’arrêter derrière les habitations… Ils nous regardent, et nous disent que maintenant il faut leur donner tout notre argent et que seulement après ils nous laisseront partir. Nos cœurs battent de plus en plus vites, nous leurs disons que nous n’avons pas d’argent, une personne se met à coté de Laurie, et une autre sur mes genoux. Impossible de bouger, une personne me serre le cou, un autre me tire les cheveux et un troisième me donne des coups au niveau du visage. Tout le monde crient, vitres fermées, ils mettent la musique à fond pour que personne ne nous entendent. Avec sept personnes à bord d’une petite voiture, il fait très chaud, leurs sueurs nous tombent sur le visage et nous sommes terrifiés face à ce sentiment d’impuissance. Après qu’il m’est serré le coup tellement fort à la limite de l’étouffement, Laurie crie en leur disant que nous allons leur donner ce qu’ils veulent. La tension redescend d’un cran et tout le monde s’écarte un peu. Un homme descend, vas chercher un des sacs dans le coffre, le ramène et nous demande de leur dire où se trouve l’argent. Nous sortons alors le porte-feuille où il n’y avait presque rien dedans, ils voient la carte de banque et nous demande le code. Nous refusons de leurs donner, ils me frappent à nouveau au visage en exigant de leurs donner. Nous n’avons pas d’autre choix que de faire ce qu’ils demandent. Une fois le code donné, ils roulent jusqu’à une banque, ou ils retirent cent soixante euros (pour eux ça représente un mois de salaire). Une fois l’argent pris, il nous rendent nos papiers, nos sacs, et nous donnent cinq euros pour que nous puissions aller à Bogamoyo..(la bonne blague) puis nous déposent dans une ruelle.

Complètement déboussolés et choqués après ce qu’il vient de se passer, nous approchons d’une station essence et demandons de l’aide. Nous demandons le numéro de la police, mais les gens ne savent pas nous répondre. Un homme s’approche en moto pour nous aider, il nous dit de monter dans un taxi payé par ses soins, d’aller au poste de police et ensuite de retourner chez lui. Sur le moment, nous hésitons à monter à bord du véhicule, mais nous nous disont que ça ne peut pas être pire que ce qu’il vient d’arriver. 

Le véhicule nous a bien amené au poste où nous avons constaté qu’ils nous ont volé notre appareil photo également… Son chauffeur a attendu plusieurs heures, le temps de raconter tout aux différents agents. Il nous a ensuite déposé chez cet homme qui nous a généreusement aidé. Il s’appelle Kebby, il nous a dit de faire comme chez nous, qu’ici on était en sécurité. Il nous a hébergé, nourri et aidé pendant trois jours, une famille vraiment fantastique ! Et eux nous ont vraiment aidé à aller à Bogamoyo.

DSCF2161.JPG

Après cette mésaventure, il n’était plus question d’essayer de dormir chez l’habitant, et encore moins de faire du stop ! La Tanzanie est bien trop dangereuse pour ça.. Nous sommes montés jusque Arusha où nous y avons fait un très beau safari, puis nous sommes redescendus à Dar Es Salaam faire nos visas pour la Chine.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s